Un grand groupe démocrate, écologiste et fédéraliste au Parlement européen ?

Avec la stagnation électorale du MoDem (maintien à 6 députés), le départ annoncé du Parti démocrate italien (21 députés) et le repli du parti travailliste lituanien (perte de 4 députés sur 5), le Parti démocrate européen va sortir numériquement affaibli des dernières élections européennes. Le risque est de voir le groupe ADLE, déjà dominé par les Libéraux, négliger désormais totalement l’avis des Démocrates.

La question se pose dès lors de savoir s’il faut vraiment poursuivre l’alliance avec les Libéraux. D’autant plus que ceux-ci risquent de conclure une alliance avec le PPE afin d’envoyer leur président Graham Watson sur le perchoir. On connaît en effet l’ambition du député libéral britannique et le désir grandissant des socialistes à ne pas reconduire la grande alliance qui les a tellement fragilisés dans ces élections, ce qui donnerait au PPE une raison de plus de se tourner vers les Libéraux.

Est-ce que, dans ces conditions, il ne serait pas plus pertinent de nous tourner vers un autre partenaire ? En ce qui concerne le MoDem, j’approuve tout à fait l’analyse faite par de nombreux commentateurs et responsables sur la nécessité de mettre en avant l’aspect fortement écologiste du projet démocrate. Pourquoi ne pas dès lors profiter de cette occasion pour fonder avec les Verts et leurs traditionnels alliés régionalistes un nouveau groupe parlementaire à forte coloration écologiste et fédéraliste ?

Cette position aurait le double avantage d’accentuer le poids d’une offre alternative à la bipolarisation et d’offrir aux démocrates italiens une alternative fiable à l’alliance socialiste, ce qui ménagerait à la fois la sensibilité d’origine sociale-démocrate puisque ce nouveau groupe serait situé plus à gauche que l’ADLE, et la sensibilité d’origine chrétienne-sociale, qui pourrait continuer l’aventure du Parti démocrate européen avec ses alliés français du MoDem.

Petit bonus pour les Verts, l’apport de la dizaine de députés PDE (6 MoDem, 1 DP, 1 PNV…) leur permettrait d’écarter définitivement la menace de voir leur quatrième place au Parlement ravie par le nouveau groupe eurosceptique des Conservateurs britannique, tchèque et polonais. Et si les 21 Italiens suivent, alors ce nouveau groupe peut même ambitionner d’atteindre près de 80 députés et peut-être chiper dans sa lancée la troisième place aux Libéraux ! Le nouvel allié du PPE perdrait significativement de son attrait et tout resterait ouvert pour la présidence du Parlement et celle de la Commission.

Pour toutes ces raisons, une alliance Démocrates-Verts-Régionalistes serait un formidable message envoyé à l’Europe. Ni Marielle de Sarnez, ni Daniel Cohn-Bendit ne sauraient y rester insensibles.

Europe

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7 réponses à Un grand groupe démocrate, écologiste et fédéraliste au Parlement européen ?

  1. Arnaud Hoyois dit :

    L’analyse est très pertinente. Je ne pense cependant pas que les démocrates italiens reviendront sur leur décision de participer à l’ASDE (nouveau nom du groupe PSE).

    En découle deux possibilités:

    – soit nous rejoignons les démocrates italiens (du moins leur composante ex-Margherita) en maximisant le pôle démocrate de ce nouveau groupe, idéalement en y entraînant le reste du PDE (l’ADSE devenant une nouvelle forme d’ADLE, cette dernière redevenant l’ELDR);

    – soit nous suivons les Verts et l’ALE, ce qui pourrait en effet représenter une nouvelle coalition d’idées et de moyens très innovatrice;

    Dans le premier cas, nous créerons les conditions d’une future majorité européenne, mais surtout en France (il est plus facile de parler avec les sociaux-démocrates européens qu’avec leurs homologues français), de même que cela s’est fait en Italie. Dans le deuxième cas, nous nous lançons dans une construction intellectuellement passionnante, mais stratégiquement minoritaire, qui aura besoin du PSE…

    Pour moi, les deux options sont à considérer (nous partageons la même analyse sur l’ADLE et les difficultés crées par la stratégie personnelle de Graham Watson, je rajoute que l’ADLE se sent plus proche du PPE que des forces de centre-gauche, ce qui crée des problématiques de lisibilité de la stratégie du MoDem entre la France et l’Europe), même si la deuxième sera plus dure à réaliser (notamment avec les décroissants comme le pointe l’Hérétique sur son blog, ainsi qu’avec certains régionalistes compte tenu de la tradition centralisatrice française) et ne permettra pas de créer une majorité à elle seule (sauf effondrement total du PSE, peu probable).

    Ce que je regretterai profondément dans ces deux options sera cependant l’éloignement des LibDems, qui sont au Royaume-Uni, souvent plus au centre gauche que les travaillistes. Cela est logique car nos stratégies nationales diffèrent, nous pourrons toujours nous retrouver plus tard, mais ce sera dommage.

    Amicalement,

  2. kpmfr dit :

    Merci Arnaud de ton analyse. Effectivement l’actualité te donne raison, les Italiens ont confirmé qu’ils rejoignaient le groupe PSE. Par rapport à ce que tu dis ensuite, je pense que suivre les italiens ne peut que renforcer la bipolarisation et donc nous nuire. Une alliance avec les Verts me semble beaucoup plus pertinente. Quant aux décroissants, ils représenteront une minorité dans ce groupe, et de toute façon ce n’est pas pire de siéger avec eux qu’avec le FDP allemand.

  3. L'hérétique dit :

    euh, Graham Watson, pas Brown…
    Une alliance avec les Verts ? mouais…ça dépend lesquels. Moi aussi j’aime bien les Lib-Dems. ce serait dommage de s’éloigner d’eux pour des partenaires incertains.

  4. kpmfr dit :

    J’ai écrit Brown ? Au temps pour moi…

    Quant aux « Verts, ça dépend lesquels », on peut dire exactement la même chose des Libéraux. Ça ne nous a pas empêché de partager le même groupe pendant 5 ans et d’envisager de continuer pour les 5 années qui viennent.

    Le vrai point stratégique c’est l’élection du président de la Commission. Si les Libéraux choisissent une option opposée à la nôtre, il deviendra difficile de continuer à partager le même groupe.

  5. écologique, démocrate, régionaliste, oui, mais pas à partir des élites déjà élus pour former un nouveau groupe au parlement européen, car ce serait oublié que le premier grand mouvement vainqueur visible aux derniéres élections européennes, ce n’est ni la droite ni les verts, mais les abstentionistes, c’est-à-dire ceux et celles qui justement se défient d’une classe politique devenue européenne mais tout aussi discréditée que celle de chaque pays. Du fait que les membres de l’EU vivant dans un pays étranger de l’EU ont le droit de voter aux communales et aux européennes, je suggère qu’il y ait une organisation sur le terrain de ce mouvement d’électeurs, dont les plus responsables et les moins dupes sont peut-être ceux qui ont voté blanc.

  6. nemo dit :

    Comme Arnaud, je serais triste que nous nous éloignons des Lib Dems anglais. Je l’aime bien ce Nick Clegg.
    En revanche, je suis déçu des résultats des élections locales et européennes. Même si les Lib Dems ont ravi Bristol, et même si structurellement les élections locales s’inscrivent à droite, je m’attendais à ce qu’il y ait une petite vague orange, surtout que les libéraux ont été très peu touché par les scandales sur les notes de frais des MPs.
    C’est à se demander s’il y a de la place pour un projet démocrate en Europe. Je le crois bien sûr mais c’en est parfois démoralisant de se confronter à la réalité.

  7. [Blocked by CFC] Vince dit :

    Non au régionalisme, synonyme d’iniquité entre les citoyens !

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