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Filed Under (Non classé) by kpmfr on 31-07-2009

L’actualité remet en ce moment la taxe carbone au goût du jour. C’est évidemment une avancée bienvenue, et pour moi, la taxe carbone est indispensable. Mais pour être un vrai progrès et pas une lourdeur administrative de plus, elle doit s’inscrire dans une réflexion globale et profonde sur notre société.

Prenons un exemple. Si on regarde aujourd’hui pourquoi telle ou telle personne prend sa voiture pour faire des kilomètres chaque jour, on pourrait avoir comme réponses :
- Parce qu’elle a fait le choix de vivre plus confortablement à la campagne, avec une maison plus grande, de la verdure, des animaux, tout en profitant en même temps des bénéfices d’un emploi à la ville. C’est un choix respectable, mais pourquoi serait-ce à la collectivité d’assumer le coût écologique de ce confort ?
- Parce qu’elle est peut-être commerciale, routière, taxi… et qu’elle a besoin d’arpenter le territoire pour des raisons professionnelles. Dans ce cas ce n’est pas non plus à la collectivité de supporter les coûts inhérents à son activité, et il est normal de les intégrer à ses charges, et donc à ses coûts.
- Parce que son employeur l’oblige à travailler loin de sa famille. Dans ce cas, c’est à cet employeur d’assumer ce coût écologique, par exemple en offrant à l’employé un crédit d’impôt financé par une contribution spéciale de son employeur, proportionnelle à la distance parcourue par le salarié chaque jour pour venir au bureau ou à l’usine.
- …

On pourrait continuer. Le point important auquel je veux en venir est que c’est à celui qui est responsable de la pollution (et non pas à celui qui la commet parfois parce qu’on ne lui laisse pas d’autre choix) de la payer in fine. Ainsi, là où la taxe carbone induirait des coûts injustes pour la personne qui la subit, ils seraient compensés par un prélèvement auprès des personnes responsables de la situation.

Il y a bien sûr des cas où cette responsabilité est réellement collective (pompiers, samu, police, transports en commun…), et dans ce cas c’est bien l’ensemble des contribuables qui doit en supporter le coût. Mais quand cette responsabilité est du fait, pour prendre un autre exemple, de l’établissement d’une grande surface loin des villes, il est normal de demander à ces grandes surfaces de compenser leur coût écologique.

Il n’y a pas de miracle : les terrains moins chers en banlieue ou à la campagne ont un coût écologique aujourd’hui assumé par la collectivité. De ce fait, les fauteurs de pollution sont avantagés aux frais de tous : c’est eux qui profitent des terrains moins cher, et c’est les autres qui paient leur lourde facture écologique. Est-ce l’ordre normal des choses ?

Ceci étant dit, je comprends tout à fait qu’il faille aussi prendre en compte la situation présente comme un héritage à assumer collectivement. Ainsi, on a vendu les diesels aux gens comme étant moins chers à la consommation, et on augmente le coût du carburant… il y a quelque chose de l’ordre de la tromperie là-dedans et c’est normal de se sentir floué. Pour autant, on ne peut pas non plus continuer à accepter la pollution supplémentaire qui en résulte, donc une solution telle que subventionner l’achat de gazole pour les moins aisés est exactement ce qu’il ne faut pas faire.

En revanche, une solution intelligente serait de faire financer par la collectivité le rachat d’un véhicule propre. Ainsi le préjudice écologique est arrêté, et la collectivité assume solidairement l’héritage de l’histoire pour protéger les plus faibles économiquement. Bref, au lieu d’entretenir aux frais du contribuable une activité polluante, il faut encourager le changement des comportements.

Et c’est là qu’on rejoint ce que je disais plus haut, avec la vision globale de la société. La seule lutte durablement efficace contre la pollution, c’est de ramener les commerces près des gens, de cesser les longues transhumances domicile-bureau, etc. Il faut vraiment repenser intégralement notre façon de vivre et redonner une dimension humaine à nos déplacements, à nos bureaux, à nos commerces, à nos foyers.

C’est ça, la vocation du Mouvement démocrate.

bayrou-different1Comme beaucoup d’adhérents, j’ai procédé à une analyse approfondie des causes de notre défaite aux européennes. J’en ai retiré trois idées-forces que je détaille dans ce billet :

1 - Il faut s’adresser prioritairement à ceux qui sont spontanément à l’écoute de ce que nous disons, et avoir un discours clair et fort. Tenter de plaire au plus grand nombre ne mène qu’à diluer son identité.

2 - La seule façon d’éveiller l’intérêt, c’est de sortir des sentiers battus, d’innover sur le fond et sur la forme. La course au premier opposant n’est pas plus pertinente que le positionnement centriste : ils envoient l’image d’un parti parmi d’autres, sans spécificité, donc interchangeable.

3 - Il faut poursuivre l’opposition radicale, mais en inversant totalement la façon de communiquer : c’est notre opposition qui doit se déduire de nos propositions, et non le contraire.

Ces réflexions ont été communiquées à Marielle de Sarnez et aux élus de Paris, qui les défendront demain au Conseil national du Mouvement.

Retrouvez ici l’intégralité du texte rédigé à cette occasion.

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